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RDC: L’AMP et l’Opposition politique (institutionnelle) co-responsables du gâchis actuel, dixit Kiakwama kia Kiziki

20 Oct

Par J.-P. Mbelu

Flag_of_the_DRCongo1Dans sa rubrique Tribune d’hier (19 octobre 2009), le journal le Potentiel a publié un texte intitulé « Il est impérieux de sauvegarder l’espace démocratique ». La lecture de ce texte du député national Kikwama kia Kiziki soulève plusieurs questions. Il y a entre autres, la question du respect des textes et des principes de tout espace qui se veut démocratique. Cette question se pose et pour la majorité au pouvoir et pour l’opposition dite institutionnelle.

Une Opposition malléable à souhait ?

Après avoir suspendu sa participation sa participation aux débats sur le budget samedi 10 octobre, mardi 13 octobre, « l’Opposition a majoritairement choisi de revenir dans la salle sans avoir eu l’assurance que le Bureau et les membres de la majorité parlementaire tiendraient leur parole vieille de quelques semaines à peine sur le contrôle parlementaire », écrit Kiakwama. Ce retour s’est fait sans que la motion du député Kanku comptant parmi les arriérés de la précédente session parlementaire contre le Premier Ministre Muzito soit vidée.

Et pourtant, « les articles 151, 169 et 170 de notre règlement intérieur, écrit Kiakwama, indiquent clairement qu’une motion suspend le cours normal du travail législatif jusqu’à ce qu’elle soit vidée. » Et d’ajouter : « Le bon sens et l’honneur appellent d’ailleurs à ce qu’un homme dont on se défie, lève d’abord la défiance envers sa personne avant de reprendre le cours normal des choses. » Contrairement au règlement d’ordre intérieur, au bon sens et au sens de l’honneur, L’AMP s’habitue à fouler les textes au pied et à se moquer de l’éthique.

Ainsi avait-elle vidé la question de la motion avant le débat prévu à cet effet. Comment ? « L’AMP s’était réunie, le Président de la République s’était impliqué, le Secrétaire Exécutif démissionnaire de l’AMP avait consulté une ultime fois et son intérimaire avait transmis le mot d’ordre : « Mesdames et Messieurs les députés, vous voterez pour la recevabilité du budget vendredi, et contre la motion de défiance samedi. » Tout en fuyant la débat, en RD Congo, « la bien-nommée Majorité parlementaire applique tous les mots d’ordre, donne sa bénédiction à tout, offre partout et toujours son soutien inconditionnel au Gouvernement, et pourtant, pendant les débats, sur le budget ou sur un autre sujet, elle étrille son Premier Ministre et l’humilie. Où est la logique ?», demande Kiakwama kia Kiziki. (Dans le contexte d’un fonctionnement normal des institutions démocratique, il y a une certaine logique dans le respect de la discipline du parti et/ou de la coalition.)

Les autres questions que ce député pose à l’AMP méritent toute notre attention. « Pourquoi toutes ces critiques acerbes, de la part même de membres de la majorité, si c’est pour voter le soutien après ? Pourquoi toutes ces critiques si c’est pour refuser de contrôler que les recommandations, les résolutions et les instructions de l’ « Autorité budgétaire » ont été bien appliquées ? A quoi riment ces actes contradictoires de la majorité parlementaire ? » Là où le bât blesse, c’est quand les membres de l’AMP essayant de justifier leurs contradictions, évoquent le Président de la République. La discipline du parti et/ou de la coalition disparaît face au diktat de Joseph Kabila exécutant les ordres de « ses maîtres ». « Ils disent à tout propos « l’Autorité Morale a dit, l’Autorité Morale pense que… » Mais, se souviennent-ils que l’Autorité Morale avait annoncé un collectif budgétaire dans sa conférence de presse en janvier ? Nous sommes en octobre, et, cette fois-ci, sur le collectif, le mot d’ordre de l’Autorité Morale n’a pas été appliqué. A part ça, tout va très bien…pour eux. Mais savent-ils la perception qu’ils donnent de leur Autorité Morale avec ça ? » Le renvoi à l’Autorité Morale de l’AMP nie la relecture de l’histoire immédiate. Il cache mal le bilan largement négatif de la législature actuelle. En sus de l’échec collectif de l’AMP et de son Autorité Morale, Kiakwama kia Kiziki reconnaît que « l’Opposition politique a une très grande responsabilité dans tout ce gâchis que nous vivons aujourd’hui. A défaut d’avoir le pouvoir, nous pourrions au moins témoigner ensemble, agir pour la vérité, ensemble, expliquer au peuple congolais les enjeux, le mobiliser, ensemble. Nous ne faisons rien de tout cela. Il s’est trouvé des membres de l’opposition pour voter en faveur de la motion de Muabilu (de l’AMP) samedi. »

Quelques remarques

Le texte du député Kiakwama kia Kiziki est bien écrit. Il est cohérent. En le lisant, il ressort que la majorité de l’Assemblée nationale pilotée par Evariste Boshab est une caisse de résonnance d’un seul homme : Joseph Kabila, abusivement dénommé « Autorité Morale ». Cette « Autorité a-morale » participe d’un réseau transnational de déstabilisation, de balkanisation et de pillage de la maison Congo.

Les miettes que lui partagent « les cosmocrates » lui permettent une redistribution corrompant et la Majorité et l’Opposition, à quelques exceptions près. La cohérence et la beauté du texte de Gilbert Kiakwama passent à côté de ce secret de polichinelle. Quand notre député national dit qu’ « il est impérieux de sauvegarder l’espace démocratique », il suppose que la mascarade électorale de 2006 a ouvert cet espace. Or, la lecture de son texte témoigne que les outils démocratiques ont servi à la personnalisation outrancière du pouvoir politique par Joseph Kabila. Et quand il reconnaît que « l’Opposition politique a une grande responsabilité dans tout le gâchis que nous vivons aujourd’hui », il rejoint les Congolais(es) qui, après avoir découvert que plusieurs « partis politiques » ( ?) nés sous l’instigation des tueurs tutsi du Rwanda et de l’Ouganda étaient de chevaux de Troie incapables d’offrir un autre avenir au Congo.

Le fait que la fameuse Opposition politique n’ait pas réussi jusqu’à ce jour à avoir un Président interpelle. La dispersion dans laquelle elle travaille permet à certains de ses membres d’avoir régulièrement accès à la mangeoire kabiliste et de trahir la cause du peuple. (Pouvait-il en être autrement ?)

Le texte de Gilbert Kiakwama dit clairement l’incapacité dans laquelle se retrouve cette Opposition institutionnelle de renverser la vapeur pour un autre Congo. Et quand Gibert décrie le manque du bon sens et du sens de l’honneur dans le chef de la Majorité Présidentielle, nous sommes tenté de lui poser la question de savoir si une Opposition co-responsable du gâchis dans lequel se trouve notre peuple à l’heure actuelle ne compte pas dans ses rangs des compatriotes à qui le bon sens et le sens de l’honneur font défaut.

En lisant Gilbert Kiakwama, on sent qu’il croit qu’il est encore possible de révolutionner le système kabiliste de l’intérieur. Cela démentirait ce qu’il avait soutenu à l’investiture d’Adolphe Muzito. Voici ce qu’il disait : « On doit éviter de donner raison à ceux des Congolais qui ont choisi de ne pas être dans les institutions parce que disaient-ils les dés sont pipés et le jeu non démocratique. »

Malheureusement, quand il regarde la réalité en face, Gilbert Kiakwama se rend compte que le jeu qui se joue à l’Assemblée nationale n’est pas éthiquement démocratique. Cela d’autant plus que la démocratie ne se réduit pas à la mise sur pied des institutions républicaines après les élections. Elle exige aussi le contrôle citoyen pluriel et la reddition permanente des comptes.

Gilbert Kiakwama pensait qu’il était possible d’ « éviter de donner à penser aux gens que la seule manière d’être entendu au Congo Démocratique lorsqu’on a une opinion divergente est de prendre les armes ». Malheureusement, l’incapacité des marionnettes des seigneurs de guerre, sous-traitants des multinationales, à se convertir en hommes d’Etat a conduit certains d’entre nous à opter pour la lutte armée. La dernière sortie médiatique (le 18 octobre 2009) de Mufoncol Tshiyoyo sur la radio La Voix de La Démocratie de Don Kayembe en dit long. Non seulement Tshiyoyo affirme que la guerre qui nous a été imposée et qui n’a pas été la nôtre a permis aux « chiens » d’accéder au pouvoir au Congo avec l’aide de « leurs maîtres » et qu’il est temps de faire « notre propre guerre » pour nous réapproprier notre espace vital, Mufoncol se dit prêt, avec son mouvement politico-militaire, à affronter ses compatriotes qui seraient disposés à redonner une légitimité politique à l’ « Autorité a-morale » de l’AMP en se présentant aux élections prévues pour 2011. Aux dernières nouvelles, le mouvement politico-militaire de Mufoncol Tshiyoyo serait très avancé dans la quête de la réalisation de ses objectifs. Et il ne serait pas le seul à croire que la seule manière d’être entendu en RDC et à la face du monde est de prendre les armes. A l’Est, des compatriotes réagissant contre le flou entretenu par l’opération Kimya II ont rejoint le maquis et se disent prêts à en découdre avec le Gouvernement de Kinshasa.

Donc, en lisant Kiakwama, une impression se dégage : il se rend compte que ce qu’il avait prévu n’a pu être évité par « une coalition incapable de gouverner efficacement ». Face à cette réalité, que peut encore l’Opposition ou certains de ses membres ? Persévérer dans l’accompagnement d’un pouvoir de la mort pour éviter la politique de la chaise vide, démissionner ou rallier les forces du changement ?

A entendre tout ce qui se trame, il est même plus ou moins sûr que certains ténors du pouvoir actuel au Congo connaissent le même sort que plusieurs mobutistes d’hier. Et que Joseph Kabila termine sa vie comme Mobutu… Le Congo n’est pas sorti de l’auberge…

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2 Commentaires

Publié par le 20 octobre 2009 dans Uncategorized

 

2 réponses à “RDC: L’AMP et l’Opposition politique (institutionnelle) co-responsables du gâchis actuel, dixit Kiakwama kia Kiziki

  1. Julie Nyunga

    22 octobre 2009 at 1:04

    bravo! monsieur Tshiyoyo. Nous voulons qd même savoir la provenance des armes de NOTRE guerre.
    – Êtes-vous sûr mr que ces armes Nous seront fournies pour Nos beaux yeux? parce que ce fournisseur a eu pitié de Nous? Il n,aura rien en contre partie? La guerre peut-elle résoudre le fameux problème des multinationaux? ou dites- nous que vous avez trouvé un multi moins capitaliste ou qui veut jeter son argent par la fenêtre. Si cette guerre est nôtre, la cotisation d’achat de Nos armes s’est faite quand? où? Nous voulons la guerre, Notre guerre et non leur guerre, financée par eux comme leurs éléctions, financées par eux. Mobilisez l’argent pour notre appropraition des éléctions. Nous sommes tânés de mourir!!!

     
  2. NZEBA

    22 octobre 2009 at 3:24

    UN CONSEIL :LA MEILLEURE FACON DE COMBATTRE UN ENNEMI C’EST DE L’AIMER.L’INVERSE ETANT TOUJOURS INEFFICACE A COURT OU LONG TERME.CE CONSEIL EST DONC DONNE A TOUTE L’OPPOSITION TANT CONSTITUTIONNELLE QUE NON-CONSTITUTIONNELLE.
    EN PLUS,LA VRAIE OPPOSITION DOIT COMMENCER PAR LA PROBLEMATIQUE DE LA NEO-COLONISATION OCCIDENTALE ,QUE DE PASSER LE TEMPS A S’ENTRE-DECHIRER INUTILEMENT PENDANT QUE LES TIREURS DE FICELLES SONT ENTRAIN DE SABLER TRANQUILLEMENT LEURS CHAMPAGNES.
    ET ,LA MEILLEURE FACON DE COMBATTRE LA NEO-COLONISATION , C’EST LUI MONTRER AUSSI DE L’AMOUR (EN LUI GARANTISSANT SES INTERETS)
    MERCI DE LA COMPREHENSION.

     

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