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RDC:Les Chefs coutumiers ont peur !

21 Nov

Source:La Prospérité

chef-tribal1Kinshasa — Au cours du face-à-face qu’ils ont eu avec le Chef du Gouvernement, hier à la Primature, en présence de Célestin Mbuyu Kabango et Antipas Mbusa Nyamuisi, les Chefs Coutumiers ont exprimé leur crainte de voir la création des communes rurales engendrer des conflits suite à de nouvelles délimitations territoriales.

Bien plus, ils pensent que certaines chefferies pourraient disparaître à la suite de la création de ces nouvelles entités territoriales. D’où, argumentent-ils, la nécessité de prendre des précautions afin de prévenir d’éventuels conflits de terre entre populations ou tribus à travers le pays. Adolphe Muzito se dit, quant à lui, favorable à la mise sur pied d’une commission chargée d’examiner la question relative à la création des communes rurales et des groupements de fait.

A l’opposé, une certaine opinion pense que les autorités traditionnelles ont la peur bleue de perdre une parcelle de leur autorité ainsi que d’autres avantages déjà acquis, il y a plusieurs décennies. Les autorités traditionnelles, à travers leur plateforme, l’Alliance Nationale des Autorités Traditionnelles du Congo, récusent la création des communes rurales tel que prévu par la Constitution de la République Démocratique du Congo dans le cadre de la décentralisation. Ils ont adressé, pour ce faire, un mémorandum au Chef de l’Exécutif Central, Adolphe Muzito Fumunsi. Mais comme si cela ne suffisait pas, ils sont allés en délégation voir le Premier Ministre à l’Hôtel du Gouvernement.

La rencontre a eu lieu hier, mercredi 18 novembre 2009, en présence des leurs Excellences Mbuyu Kabango Célestin et Mbusa Nyamuisi Antipas, respectivement Ministre de l’Intérieur et Sécurité et Ministre de la Décentralisation et Aménagement du Territoire. Les raisons avancées de la récusation Pour les Chefs Coutumiers, la création de ces nouvelles entités administratives pourrait engendrer des conflits suite à de nouvelles délimitations territoriales. Bien plus, ils pensent que certaines chefferies pourraient disparaître à la suite de la création de nouvelles communes rurales. D’où, argumentent-ils, la nécessité de prendre des précautions afin de prévenir d’éventuels conflits de terre entre populations ou tribus à travers le pays.

Ce faisant, ils recommandent de consolider avant tout de nouvelles provinces (les 26 à créer) ; de transformer uniquement, d’abord, les cités existantes (ex-centres extra- coutumiers) en communes rurales. Les chefs coutumiers souhaitent, également, dans leur mémorandum adressé au Chef du Gouvernement et co-signé par Mwenda Bantu Godefroid et Pene Mayenge Mwana Kasongo, respectivement Président et Secrétaire Général de l’Alliance Nationale des Autorités Traditionnelles du Congo, émettre des avis sur le découpage des autres entités ou chefferies. Les craintes qui sous-tendent la récusation à dire vrai, les autorités traditionnelles ont peur de perdre leurs parcelles d’autorité si pas de pouvoir avec la cohorte d’avantages sociaux et financiers.

La création des communes rurales va faire en sorte de doter ces entités, du reste jouissant de la libre administration et de l’autonomie de gestion de leurs ressources économiques, humaines, financières et techniques, des cadres territoriaux à élire. Ce qui pourra amputer nos chefs coutumiers de l’essentiel de leurs pouvoirs et de leurs sources de revenus. Ainsi va sonner le glas d’un pouvoir ancestral en perte de vitesse suite aux mutations fécondées par le régime démocratique auquel les congolais ont souscrit à travers le référendum constitutionnel de 2006. Un pouvoir ancestral qui a quitté le stade d’une émanation spirituelle pour s’accommoder aux arrêtés ministériels, négociés dans des conditions on ne peut plus floues. Les temps ont révolu. Il va falloir s’adapter.

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Il est, certes, vrai que la Constitution de la République, en son article 207 reconnaît l’autorité coutumière. Mais rien, en tout cas, n’a prévu, du moins constitutionnellement parlant, la gestion administrative d’une entité par l’autorité traditionnelle. Et ici, la Loi fondamentale est claire. Tout chef coutumier désireux d’exercer un mandat public électif n’a qu’à se soumettre à l’élection, à se faire coopter à l’Assemblée Provinciale comme le stipule l’article 197 alinéa 3 de la Constitution.

La réponse du Premier Ministre Adolphe Muzito se dit, quant à lui, favorable à la mise sur pied d’une commission chargée d’examiner la question relative à la création des communes rurales et des groupements de fait. Ce qui est évident, ce qu’il ne manquera pas du tout de conflit au Congo-Knshasa lors de la mise en place effective du plan de décentralisation.

Mais l’essentiel est que les communautés se retrouvent et vivent en paix. Et c’est là le travail qu’on demande aux autorités traditionnelles. Celui de rapprocher les communautés et les tribus. Rien de plus.

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Publié par le 21 novembre 2009 dans Uncategorized

 

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