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Les chercheurs canadiens crachent sur les 5 millions de morts en RDC. Pourquoi ?

10 Fév

Par J.-P. Mbelu

massacreLa lecture de l’article (publié par le journal Le Potentiel le mardi 09  février 2010) intitulé Les chercheurs canadiens crachent sur les 5 millions de morts en RDC trahit, tant soit peu, une indignation fondée sur une approche déphasée de la recherche. Ayant, pour la plupart perdu la confiance en nous-mêmes et en notre capacité de penser un autre Congo par nous-mêmes et entre nous, nous  croyons encore en des recherches objectives de nos « maîtres à penser occidentaux ». Telle est l’une de nos plus grandes misères. Certes, il ne faut pas du tout exagérer. Qu’il y ait encore parmi « nos maîtres  d’hier » des personnes d’une éthique scientifique recommandable, il n’y a pas à en douter. Mais, la naissance des Think Tanks a coïncidé avec  l’enchaînement (explicite) de la pensée. (Lire par exemple S. GEORGE, La pensée enchaînée. Comment les droits laïques et religieuse se sont emparées de l’Amérique, Paris, Fayard, 2007). Dorénavant, rares sont les recherches et les pensées neutres.

Dans un article publié sur le site de Michel Collon et  intitulé, Bilberberg de tous les pays, unissez-vous, l’auteur décrivant le modus operandi du capitalisme du  désastre écrit ce qui suit : « Les liens de famille, d’éducation et d’affaires – avec l’État en tant que « médiateur » – ont créé ce qui est devenu aujourd’hui un réseau international mettant en rapport les classes dirigeantes des États capitalistes les plus puissants. Voilà pourquoi ils ont un Groupe Bilderberg, c’est l’endroit où les magnats des affaires, la classe politique, les médias sélectionnés et les universitaires peuvent se rencontrer et formuler les stratégies et les tactiques nécessaires dans un monde où les communications, aujourd’hui, se font pour ainsi dire de façon instantanée. »  Et l’auteur conclut son article en posant cette question : « Qui a besoin des « Illuminati », quand nous avons tout ce déploiement ligué contre nous ? »  Tel est le secret que nous sommes plusieurs à n’avoir pas encore déchiffré : plusieurs universitaires, plusieurs médias dominants et plusieurs Etats travaillent en réseau à la promotion du Groupe Bilderberg auquel appartient plusieurs membres des conseils d’administration des multi et transnationales occidentales cotées en bourse à Toronto et ayant choisi le Canada comme « paradis juridique ». A ce point nommé, la lecture du livre publié par Alain Deneault, Delphine Abadie et William Sacher est recommandée : Noir Canada a pour sous-titre Pillage, corruption et criminalité en Afrique. Pour dire les choses simplement, il y a un « noir Canada » qui participe au pillage, à la corruption et à la criminalité en Afrique : tel est le problème fondamental. Le décompte de nos morts est une question collatérale.  Comment voulez-vous que « les petites mains scientifiques » probablement financées par les criminels économiques vous fassent les comptes exacts des victimes immédiats et collatéraux  des guerres que « leurs maîtres » entretiennent ?

Et dans la logique du capitalisme sauvage, les guerres d’agression participent de la Stratégie pour la Réduction de la Population (SRP). Le livre de Susan George intitulé Le rapport Lugano (Paris, Fayard, 2000) est suffisamment clair sur cette question. Le Congo a une population  s’élevant à plus ou moins 60.000.000 d’habitants et à majorité jeune. Laissé en paix et en liberté, il développe l’éducation, la santé, l’agriculture, la petite et la grande industrie et il entraîne toute l’Afrique centrale et le reste. Toute l’Afrique unie pèse plus lourd dans la balance de la population mondiale après les pays comme la Chine. Cela fait peur à ceux dont les populations sont vieillissantes et dont le mode de vie consumériste repose sur la logique  rivalitaire réduisant l’autre ou à un collabo ou à un ennemi à abattre.

Tout cela étant, ne serait-il pas plus que temps pour que notre pays dispose des registres contenant les noms de nos millions des morts ? Il est plus facile d’accuser les autres d’avoir fait là-dessus des calculs macabres que de disposer nous-mêmes des listes de nos morts, d’élever des monuments en leur nom et d’arrêter des dates au cours d’une année civile pour  célébrer leur mémoire. Comment se fait-il que jusqu’à ce jour, une cérémonie officielle ne soit organisée pour commémorer « les martyrs des guerres dites de libération » ? Pour  dire les choses autrement, les chercheurs canadiens et tant d’autres ne se moqueraient pas facilement de nos morts si, scientifiquement, nous avions organisé leur recensement et si nous luttions comme un seul homme pour que personne ne crache sur leur mémoire.

Quand les chercheurs d’ailleurs crachent sur nos morts, en dehors du fait que certains d’entre eux seraient payé pour cela, ils interpellent notre sens de responsabilité collective, individuelle et étatique à l’endroit de nos compatriotes et de notre terre-mère.

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Publié par le 10 février 2010 dans Uncategorized

 

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