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LA VISITE DU ROI DES BELGES AU CONGO-KINSHASA EST UN NON- EVENEMENT

04 Avr

Par MUFONCOL TSHIYOYO

Albert-1On a du mal à saisir pourquoi les Congolais se lamentent sur les fréquentations d’un roi,  surtout quand on sait qu’il est celui des Belges qui, usant de son libre arbitre et au nom du royaume de la Belgique dont il représente les intérêts,  s’acoquine à qui bon lui semble. Et même s’il y aurait quelques personnages au Congo qui,  souffrant encore de séquelles du mental du colonisé,  espèrent tirer on ne sait quelles dividendes politiques en invitant intentionnellement le roi des Belges dont la visite est un soutien au régime en place.

En quoi importe-t-il aux Congolais qu’un roi des Belges visite le Congo ou encore qu’il serre la main de celui que le monde voudrait que les Congolais appelassent par le nom de Joseph Kabila ? Le Congo se trouverait toujours dans cette époque où il fallait rassembler le peuple comme des moutons et le faire danser au passage des visiteurs du régime ?

Plus de 125 ans après, la notion du « roi » influence encore l’imaginaire du « colonisé » congolais, «  que l’on a […] décrété n’être rien : une figure vide » (Achille Mbembe, 2000 : 218). Mais le  pèlerinage du roi des Belges à la Kabilie, qui ne doit ni souffrir d’interdiction ni prêter à polémique, tombe à pic car il procède, et c’est ce qu’il y a de mieux,  à démystifier la fonction de celui que certains écrits congolais réservent le titre de « sa majesté » le roi et ce faisant procède, à  libérer le mental du sujet congolais de sa dépendance légendaire.

Dans la quête de son émancipation, l’homme congolais devrait peu se soucier de  ce type  d’accointances entre « ceux qui se légitiment comme représentants de l’humanité » (Pierre Bouvier, 2010 :20) et le type d’hommes perchés au pouvoir à Kinshasa car il contribue non seulement à l’éveil des consciences mais il le sensibilise au danger de son environnement.

Chercher à interdire à qui que ce soit d’afficher ses contacts, fut-il au roi des Belges,  entretient l’infantilisation de l’homme congolais qui, le faisant,  conforte ainsi les clichés d’antan qui le présentaient souvent comme ce « grand enfant »  toujours dans l’expectative et implorant de manière constante celui qu’il continue malgré lui à appeler son « Noko ».  Une attitude mentale qui justifie assez le contrôle et la mainmise du pays par les mêmes maîtres qui ont placé le Congo sous perfusion.

De l’indépendance en question

Pourquoi tant de bruit autour du 30 juin 1960 dont le sens reste de nos jours questionnable ! Faut-il considérer cette date pour ce qu’elle n’a jamais été et elle ne sera peut-être jamais, c’est-à-dire celle de l’indépendance d’un pays qui continue malgré tout de s’appeler le Congo et que ses habitants seraient des Congolais ?

L’indépendance d’un peuple ou d’une nation est le fruit d’une lutte acharnée, arrachée au prix le plus fort à l’instar de la révolte de Saint-Domingue à l’origine d’une nation : Haïti.  Selon un autre roi des Belges, en l’occurrence Baudoin 1er,  l’indépendance du Congo « constitue l’aboutissement de l’œuvre conçue par le génie du Roi Léopold II, entreprise par lui avec un courage tenace et continuée avec persévérance par la Belgique ».  Cet extrait qui est tiré de son  discours prononcé à Kinshasa à la date du 30 juin 1960 pose la question de la nature de l’ « indépendance » qui fut « accordée » à la République « Démocratique » du Congo.  Fut-elle, cette indépendance,  arrachée ou accordée ?

Tchicaya U Tam ’Si dans Ces fruit si doux de l’arbre à pain écrit: « Jamais un chant dont la vogue a été vertigineuse n’est passé de mode si vite. On s’est foulé les chevilles en dansant sur l’air de ce chant venu de Léo : Independa ! Cha-cha. C’est à croire que les Blancs se sont moqués de nous ! […] Les Blancs nous ont laissé leurs boys et leurs plantons pour maîtres […] Nous ne nous promettions sans doute pas pour le lendemain ces coups de poing qu’ils nous flanquent tous les jours en plein estomac. La nausée et le sentiment de s’être payé à bon compte mille illusions ».  Ceux qui ont eu à rédiger la nouvelle constitution congolaise et collaborent à un régime au service de Paul Kagamé sont « Peau noire, masques blancs ».

Bantou  contre  Tutsi, attention au piège du pyromane !

On ne sait jamais à quel point on sert la cause du pyromane lorsqu’on se livre mains et pieds liés à son jeu  qui consiste à opposer ceux que son vocabulaire qualifie de Bantou contre les autres, les Tutsi alors qu’il en tire lui le grand profit. « Divisons- les pour mieux régner »,  et nous nous présenterons par la suite dans notre nouvel accoutrement de sapeur-pompiers, se dit le pyromane sous la barbe de ses victimes consentantes

Le pyromane, par sa « connaissance » du « Nègre », de son « nègre » à lui, un nègre instrumentalisé et qui se soumet presque volontairement parce que nègre selon les clichés du maître,  allume à dessein le feu. Il oppose les noirs  « Hutu » aux nègres « Tutsi » qu’il arme et assure sa protection contre les « Bantou » dont la réaction attendue serait « émotionnelle » et de ce fait sauvage et animale parce que son espèce et identité bantoues seraient menacées.

Ces pauvres nègres « tutsis », Paul Kagamé en tête et ses multiples rejetons notamment « Joseph Kabila », tomberont les premiers dans le piège.  Ils  livrent la région des Grands Lacs au chaos avec le risque de perdurer longtemps. Dans l’entretemps,  le pyromane se transforme en sapeur-pompier et offre ses bons offices comme par enchantement. Le comble est qu’il se présente toujours comme le seul raisonnable,  mais dont la particularité est d’intervenir toujours en retard après que les crimes aient déjà été commis pour multiplier à floraison associations et autres initiatives du même genre, telles que Les monologues du vagin, ONU, MONUC, Communauté Internationale. C’est pour se moquer du  nègre  lequel on accuse avec sa naïveté de tous les noms. Ne serait-il que violeur, meurtrier, incapable de cœur ou d’humanité, inapte à capter le jeu de l’autre même quand il s’agit de nègre lui-même comme objet ? Serait-il ce grand enfant prêt à se transformer et à changer sa vie à un monde virtuel de PlayStation ou de Xbox ?

De Hutu et de Tutsi, Tunga dia Lutete Béthuel citant Bernard Lugan dans La Crise des Grands Lacs/ Analyse et pistes de règlement écrit : « L’ethnicité a été inventée ou amplifiée par l’administration coloniale et les missionnaires catholiques en vue d’objectifs stratégiques […] Les Hutu et les Tutsi ne constituent pas des ethnies selon la science parce qu’ils n’en remplissent pas les critères à ce jour définis : langue, culture, terroir, etc. En effet, Hutu et Tutsi ont en commun la langue, la culture, l’histoire et l’espace géographique […] Par ailleurs, [il] existait un ‟modèle tutsi” […] Les Tutsi avaient recours à une sélection pour y parvenir […] pour que les enfants puissent approcher du modèle tutsi, les grands-mères agissaient  parfois sur leur physique : élongation de la colonne vertébrale, application de cordelettes et de compresses d’herbes chaudes destinées à produire un crâne à la ‟belle” dolichocéphale et au front bombé, etc. » (Tunga dia Lutete, 2010 :26-27)

À la lumière de propos de Béthuel, les Congolais invitent ceux qui ont eu à inventer l’homme Tutsi et à l’opposer à ses propres frères Hutu à assumer seuls leur fantaisie qu’ils n’ont pas à faire porter sur le dos de Congolais qui ne sont concernés ni de près ni de loin.

Nous ne prônons pas de la non-violence qui serait  à nos yeux synonyme de lâcheté et de paresse dans la situation que traverse actuellement le Congo. Les dieux dont la pitié est une dénégation  ne convient à leur table que ceux qui, les ayant préalablement identifiés, ont le culot de s’élever à leur rang. Rabin Hillel cité par Saul Alinsky dans Manuel de l’animateur social disait : « Là où il n’y a pas d’hommes, sois un homme ».  Comprend qui peut.

MUFONCOL TSHIYOYO

Président du Rassemblement pour l’Alternative Politique en RDC, R.A.P.

Mouvement Politico-militaire

004745007236, mufoncol.tshiyoyo@rap-rdc.com

www.rap-rdc.com

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1 commentaire

Publié par le 4 avril 2010 dans Uncategorized

 

Une réponse à “LA VISITE DU ROI DES BELGES AU CONGO-KINSHASA EST UN NON- EVENEMENT

  1. Jadaka

    4 avril 2010 at 6:38

    Bravo pour votre analyse monsieur Mufoncol ! Si les dirigeants actuels congolais de la RDC pouvaient avoir votre courage, votre combattivité et l’amour de la patrie, la RDC n’en serait pas là !

     

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