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Enthousiasme belge et scepticisme congolais pour le 50e anniversaire de l'indépendance

01 Juil

Source: Le Monde

« Tout porte à croire que le souverain belge viendra fêter avec nous le cinquantenaire du jour où nous avons officiellement tourné la page du Belge qui exploite le Congolais, et où nous sommes passés à l’ère du Congolais qui exploite le Congolais. » Le site Congo blog a vu juste. Le roi Albert II, la reine Paola et le chef de gouverment, Yves Leterme, se sont déplacés à Kinshasa pour participer, mercredi 30 juin, aux festivités du cinquantième anniversaire de l’indépendance de leur ancienne colonie.

Un déplacement historique, mais néanmoins très prudent. « Pour éviter tout dérapage, Albert II et Yves Leterme ne devraient pas s’exprimer publiquement durant leurs quatre jours à Kinshasa, de lundi soir à jeudi matin, selon le programme officiel, explique le site de RTL Info. De même, bien qu’il soit chef des armées et qu’il porte le grade de lieutenant-général et de vice-amiral, Albert II devrait assister mercredi en tenue civile au défilé militaire sur un grand boulevard de Kinshasa, point d’orgue des festivités. » Défilé auquel ne participera pas l’armée belge, car une partie de l’opinion « y voyait une manière de cautionner une armée congolaise coupable d’exactions dans l’est du pays ».

La prudence belge fait écho aux interrogations de la presse congolaise. « Faudrait-il organiser des réjouissances pompeuses et onéreuses, dans un environnement de misère et d’austérité ? » questionne Le Potentiel. « Des réjouissances grandioses constitueraient une insulte faite à cette majorité qui croupit dans la misère la plus noire. D’ailleurs, ces dépenses de prestige impliquent un coût, qu’un pays pauvre très endetté ne peut se permettre d’engager. »

« L’ESPRIT N’EST PAS À LA FÊTE »

Les éditoriaux belges se réjouissent dans leur ensemble de l’accueil fait aux souverains. « Depuis des jours, la tension, l’effervescence montaient dans les rues de Kinshasa. Dans cette ville tout en chair, l’excitation était palpable. Dès lundi matin, ce peuple sans moyens de transport a marché dès l’aube pour se faire une petite place le long de cette bande de terre qui lui permettrait d’apercevoir le roi des Belges », s’enthousiasme Béatrice Delvaux dans Le Soir, qui définit les Congolais comme « un peuple dans le besoin, un peuple chaleureux qui revendique des liens intenses avec notre pays, qu’il considère encore toujours comme ce cousin, ce frère ou cette tante, membre de sa tribu ». Même satisfaction du côté de La Libre Belgique, qui note « l’accueil chaleureux réservé par la population congolaise à Albert II », témoignant « du respect des Congolais pour le roi des Belges, vu comme un chef entouré d’apparat et de prestige ».

Le son de cloche est différent côté congolais. Sur le site de France 24, le journaliste et blogueur congolais Cédric Kalonji raconte les façades refaites à neuf ou les routes impeccables sur le parcours officiel reliant l’aéroport au centre ville, cachant l’état réel de Kinshasa. « L’esprit n’est pas à la fête. J’ai vu des images de la visite en 1985 du roi Baudouin, frère d’Albert II. Tout le monde l’accueillit avec joie. Quand le roi Albert II est arrivé ce lundi, c’était tout le contraire. Les gens étaient massés sur les trottoirs, mais il n’y avait ni cris ni danses. Un gardien m’a alors dit : ‘Que le roi vienne ou qu’il ne vienne pas, cela ne change rien. Je ne mangerai pas plus.' »

Chloé Woitier

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1 commentaire

Publié par le 1 juillet 2010 dans Uncategorized

 

Une réponse à “Enthousiasme belge et scepticisme congolais pour le 50e anniversaire de l'indépendance

  1. Christian

    2 juillet 2010 at 11:42

    Grâce au roi, Kinshasa est devenue propre. Il serait souhaitable qu’il vienne habiter Kinshasa pour que Kabila et sa clique s’occupent de la ville et peut-être du quotidien des congolais. Le roi pourra ainsi faire la ronde des provinces pour que les viols, les violences, les pillages et l’occupation cessent.
    Il est la seule personne que la classe dirigeante de RDC écoute, même si on l’a fait trainer à la tribune pour attendre l’arrivée de Paul Kagame, le chef militaire de Joseph dont il fut garde de corps. Dans l’armée, le chef est toujours chef et meurt chef. Tu lui dois du respect à toute circonstance. C’est cela qui a fait trainer le début du défilé. Ouf, nous avons été grillés par le soleil, heureusement qu’il y avait des parapluies que nous avons ramassés.
    Le jour que la Belgique va éclater, il faudra que le roi rentre au Congo.
    Maintenant que la dette du Congo a littéralement été effacée, le roi peut bien nous accompagner.

     

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