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Malumalu porteur d'un mandat de l'Eglise ?

30 Août

Par Jean N’Saka Wa N’Saka (Le Phare)

Exaspérés et déconcertées par des faits et gestes à la fois provocants, ambigus et téméraires, l’opposition et une bonne partie de l’opinion en arrivent à se demander si l’abbé Apollinaire Malumalu ne serait tacitement lié par le serment d’allégeance au pouvoir, pour lequel il aurait juré de rouler en son âme et conscience.

Il ne se sent pas astreint à un devoir de réserve en tant qu’homme de Dieu appartenant à une grande religion révélée la plus dominante en Rdc, le christianisme. Il aime polémiquer et répliquer aux reproches qui lui sont faits. Il se fait plus politicien que religieux. Nul ne peut servir deux maîtres sans plaire à l’un et indisposer l’autre.

Le mercredi 11 août dernier, Radio okapi a diffusé une interview que le président de défunte CEI venait de lui accorder, à peine trois jours après la publication de son calendrier électoral problématique. Au cours de cette interview apparemment réalisée pour lui tirer les vers du nez, Malumalu se donne lui-même raison sur toute la ligne, tire vanité de son travail et envoie au diable tous ceux qui y trouvent à redire.

Tout ce qu’il a dit en réponse aux questions qu’on lui posait n’étant qu’une apologie pro domo comme toujours, n’étonne pas outre mesure. Mais plus troublant est ce propos par lequel il laisse entendre que l’Eglise catholique serait d’accord avec lui dans tout ce qu’il fait depuis les élections de 2006. En d’autres termes, l’abbé Apollinaire serait porteur d’un mandat de l’Eglise catholique romaine de la RDC. A la question de savoir s’il pouvait accepter ou rejeter l’offre qu’on lui ferait éventuellement d’être encore à la Ceni, il a répondu en ces termes : « j’ai déjà rejeté l’avance cette offre. Puisque je ne cesse de dire que je ne serai pas dans la Ceni mais il y a des gens qui ne me croient pas. Ils pensent que ce sont des petits calculs. Mais moi, j’appartiens à une institution, l’Eglise catholique, où les petits calculs n’ existent pas parce que nus sommes là dans une éthique de l’engagement. Je sais ce que l’Eglise attend de moi et je ne serai que ce que l’Eglise attend de moi. Et je vous dis qu’on peut aussi servir la Nation de différentes manières. « (Sic) il dit clairement ‘qu’il sait ce que l’Eglise attend de lui et ne fera que ce que l’Eglise attend de lui ». D’abord, l’abbé Malumalu nie avoir l’intention de se retrouver dans la Ceni, alors qu’il s’est trahi par son fameux calendrier dans lequel il s’est arrogé les prérogatives et attributions de la Ceni jusqu’en 2013.

La publication de ce calendrier et l’acharnement à le défendre contre vents et marées sont la preuve évidente de ses ambitions politiques.

Ensuite, reste à épiloguer sur la bénédiction que l’Eglise aurait répandue sur l’abbé Malumalu dans son activisme politicien depuis les élections de 2006 jusqu’aujourd’hui. L’Eglise catholique romaine est un pouvoir bien structuré et bien organisé. Le symbole incontesté et incontestable de ce pouvoir en RDC est la Conférence Episcopale Nationale du Congo (Cenco). De quelle Eglise catholique proviendrait ce soutien dont se prévaut l’abbé Malumalu ? Est-ce de la de l’archevêque de Bukavu ? Est-ce l’évêque de Beni-Butembo ? il est difficile de comprendre que les princes de l’Eglise soient flattés des faits et gestes d’un prêtre versé dans la politique, qui risque plus d’éclabousser leur institution universelle que de l’honorer. C’est le cas d’évoquer les remontrances que le regrettés Cardinal Etsou, alors qu’il se trouvait en Belgique pour des raisons de santé, avait faites à l’abbé Malumalu qui venait de publier les résultats du second tour de l’élection présidentielle. Usant d’un langage franc sur un ton ferme et indigné, le Cardinal Etsou l’avait traité de menteur et de falsificateur de la vérité des urnes. Ce désaveu était exprimé par un prélat alors archevêque de Kinshasa et ancien président en exerce de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (Cenco). Il s’ensuit de toute évidence que le soutien de l’Eglise dont se prévaut Malumalu devrait être difficile à percevoir.

Toutefois, les déclarations et prises de position que le Cenco publie de temps en temps sont toujours très critiques concernant la situation socio-politique du pays, conséquence des élections organisée en 2006, par l’abbé Apollinaire Malumalu. Les princes de l’Eglise en arrivent même à déplorer l’absence d’un leadership éclairé, visionnaires et charismatique. D’habitude discrets, circonspects et pointilleux, conscients des compromissions des enjeux politiques, ils ne peuvent se permettre d’assumer le parrainage d’un prêtre dans ce domaine au nom de l’Eglise. L peut y avoir des hommes de Dieu avides de s’intéresser à la politique active, mais cela n’engage qu’eux-mêmes, et pas du toute l’Eglise tant qu’institution. D’ailleurs, la religion et la politique sont deux domaines qui ne sont pas prédestinés à aller de pair. Quand il y a interférence entre les deux zones, il n’en résulte que désordre et confusion. A César ce qui est à César…

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2 Commentaires

Publié par le 30 août 2010 dans Uncategorized

 

2 réponses à “Malumalu porteur d'un mandat de l'Eglise ?

  1. Tshimbinda

    31 août 2010 at 12:41

    Malumalu sait pertinement bien que sa conscience n’est pas tranquille et ne le sera jamais même dans la vie de l’autre monde.Il peut beau parler mais la chose reste comme telle.

     
  2. matata

    31 août 2010 at 12:49

    Aucun prêtre respectueux de la morale chrétienne catholique ne peut travailler dans la politique telle qu’elle est vécue dans notre pays, sauf malhonneteté intellectuelle avérée. Pourquoi? d’abord, parce que le prêtre est appelé à dire la vérité et rien que la vérité. Or, la vérité n’est pas une vertu politique. Ensuite, le prêtre est invité à être impartial dans tout ce qu’il dit et fait. Or, l’impartialité n’est pas une vertu politique. Enfin, un prêtre est invité à oeuvrer pour la justice. Or, la justice n’est pas une vertu politique. En conclusion, l’abbé Malu Malu ne peut être que soupçonné par tous et par chacun. Voilà pourquoi, Monseigneur Monsengwo avait échoué en tant que président de la conférence nationale. L’Eglise a pour mission d’interpeller les consciences pour ramener le peuple congolais sur le droit chemin, celui de la démocratie comme capacité à se gouverner soi-même. Mais si un prêtre s’engage en politique, il ne peut qu’échouer, sauf s’il joue le jeu des politiques, sauf s’il danse sur le même pied de compréhension de la politique que les politiques eux-mêmes…Tel est le cas de l’abbé Malu malu. Il me semble que son évêque devra y réfléchir le plus rapidement pour le retirer de la scène politique. Il a amené le congo aux élections de 2006, ça suffit, qu’il laisse les politiques prendre au sérieux leur responsabilité. Bien à vous.

     

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