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Le président Kabila est disqualifié à faire face à ses fonctions.

05 Oct

Par Kilunga Matshozi

Le président Kabila est disqualifié à faire face à ses fonctions.Les révélations faites le vendredi dernier lui portent ombrage et le discréditent,à lui de tirer les conclusions qui s’imposent.Le gouvernement congolais, tout comme celui du Rwanda, aurait tout fait pour l’éviter. Les prémisses du rapport sur les évènements en RDC depuis 1996 au 2003, sonne comme un glas dans le paysage politique dans la région des Grands Lacs Africains. Les Nations Unies sont, pour leur crédibilité, obligées à publier intégralement le rapport qu’elles ont elles mêmes initié en toute liberté, sans peur de heurter les dirigeants au pouvoir à Kigali et encore moins à Kinshasa. Longtemps épargné par la communauté internationale, qui a cherché à se faire bonne conscience, suite aux évènements du Rwanda en 1994, et pour la première fois, Kagamé est très sérieusement interpellé.

Pour son troisième mandat, le président rwandais se fait inviter au souvenir des Nations unies, qui veulent lui rappeler que l’alternance politique est une des principales clés pour la consolidation de la démocratie dans son pays. Dorénavant, les Tutsis devront apprendre à ce qu’il y ait un jour, à la tête du Rwanda, un président hutu démocratiquemen t élu. Il ne faut pas s’en cacher, il ne pourra plus être question qu’un tutsi, soit-il Kagamé, quelque soit l’ampleur de la tragédie qui s’est déroulée dans cette partie de l’Afrique avec toute la compassion que l’on peut avoir, s’accapare éternellement du pouvoir en écartant ses principaux opposants, au seul fait qu’ils sont hutus comme si toutes les générations hutues étaient déjà collectivement condamnées pour un crime dont elles doivent porter éternellement l’opprobre. En vue de prévenir toute déliquescence politique à venir dont les conséquences politiques ne peuvent que conduire aux mêmes effets qu’en 1994, le Haut Commissariat pour les Droits de l’Homme a décidé de crever l’abcès et d’anticiper, en rappelant à l’ordre monsieur Kagamé et dans la foulée, le dirigeant congolais Joseph Kabila, qui ne semble plus jouir de la grâce des décideurs occidentaux. La plus part des exactions reprochées à Kagamé s’étaient déroulées sur le territoire congolais, et le président congolais est l’un des principaux acteurs militaires emmenés dans le chaotique cortège de libération dirigé par son père. L’on comprend qu’il soit embarrassé pour donner des éclaircissement s et fixer l’opinion congolaise sur son propre rôle dans cette tragédie. Le président congolais doit s’exprimer et dire tout ce qu’il sait, concernant les récriminations dont la mention est faite dans le rapport des instances internationales.

Le président congolais dont on connaît la mutité discoursive sur les principaux évènements qui ont secoué le pays,doit se ressaisir. Il doit s’expliquer sur la mort de plus de 5 millions des ses compatriotes succombés pendant les différentes guerres qui ont frappé le pays et au cours desquelles, les principaux protagonistes en exercice, ne sont que Kagamé et lui-même. Ce rapport validé dans sa nouvelle mouture, porte ombrage et le discréditent. C’est son tendon d’Achille.Il contient toutes les questions que les congolais se sont posées durant plusieurs années auxquelles en tant que chef de l’état, il doit apporter toute la lumière, quelque soient les conséquences.

Obligés à se soutenir mutuellement avec le président Kagamé en scellant leurs sorts par une alliance stratégique, le président congolais s’est lié poings et pieds en refusant d’apporter des réponses claires qui devront libérer le pays de la hantise et lui permettre de s’exorciser de ses démons. La communauté internationale, de peur de déstabiliser encore plus le Rwanda n’est pas encore pressée de le voir partir du moins pour le moment. Mais les signes politiques annonciateurs sont enclenchés.Si pour l’instant, les deux présidents peuvent se serrer les coudes et se soutenir mutuellement, la position congolaise ne peut pas tenir indéfiniment. Le piège dans lequel le président congolais se renferme est si malin qu’il finira par avoir raison de lui; chaque jour qui passe apporte son lot de questions qui s’ajoutent aux autres questions qui n’ont pas toujours

obtenu de réponse.

Le président congolais ne peut plus continuer à se taire. Tôt ou tard, il doit sortir du bois, et pour s’en extirper, il est obligé de désigner de vive voix, les « chats », les noms des auteurs de ces crimes funestes: Kagamé, Kaberebé ou le Général Kayumba, et dont la demande d’extradition par la France, vient d’être introduite auprès des autorités sud africaines, et y déterminer ses propres responsabilités. C’est un exercice difficile d’équilibriste, auquel le président congolais doit se prêter, il n’a pas d’autre choix. Lèvera-t-il l’option de dénoncer Kagamé et s’attirer les foudres de celui-ci, ou choisira-t-il de taire, et se faire l’allié d’un homme dont l’étoile naguère de mille feux brillait au firmament et dont l’aura commence malheureusement à pâlir? La géopolitique dans la région a changé, elle laisse penser qu’avec plus de dix ans de pouvoir, l’on considère généralement que Kabila a fait plus d’un mandat, quand bien même son premier n’est (celui de la transition) pas concerné par la constitution actuelle. Alors que Kagamé avec déjà 12 ou 14 ans de pouvoir, et un mandat de 7 ans à venir, tous marqués par une oppression sauvage de ses opposants, déborde de tout cadre d’une réelle démocratie pluraliste dont devait se prévaloir le Rwanda.

Avec Béchir du Soudan dans le collimateur de la CPI, la situation dans la région des Grands Lacs n’est pas aussi brillante pour s’accommoder avec les attentes démocratiques des populations locales. Les présidents de ces trois pays, en plus de Yoweri Museveni de l’Ouganda, tendent à se fossiliser.Tous, ils rendent l’alternance démocratique du pouvoir très difficile dans la région.

En République Démocratique du Congo, comme dans les pays voisins, le manque d’alternance est décrié par les populations qui exigent beaucoup plus de transparence dans la gestion de la chose publique. La dérive politique des régimes finit toujours par déboucher sur des abus et des crimes politiques commandités comme ceux qui ont eu lieu récemment, qui bien sûr, restent toujours impunis. La véritable crainte consiste, comme dans beaucoup d’autres régimes totalitaires en Afrique, de voir le régime Kabila quelque soit le résultat des élections, se radicaliser au pouvoir, de peur de se faire rattraper par la justice qui au regard de l’horreur, de l’ampleur, la gravité des atrocités évoquées, finira un jour, par se mettre en route.

Dr Kabeya Kandolo

Propos recueillis par E.Kilunga Matshozi pour cfrt.international

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Publié par le 5 octobre 2010 dans Uncategorized

 

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