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JOSEPH KABILA – ETIENNE TSHISEKEDI : UNE ENTENTE POSSIBLE ?

29 Déc

Source: La Prospérité

-Cette fin d’année 2010 est incontestablement marquée par les positionnements des états-majors politiques en prévision des élections générales de 2011. L’AMP de Joseph Kabila est plus que jamais soudée derrière son chef de file, et sa réélection à la présidence de la République est plus que probable. En face de lui, l’opposition peine à trouver ses marques depuis la détention du président du MLC Jean-Pierre Bemba à La Haye. Le retour d’Etienne Tshisekedi n’a pas suscité l’engouement espéré par ses partisans et même si cette figure historique du combat contre la dictature de la Deuxième République va probablement rallier autour de sa personne et de son parti une certaine frange de l’ancienne opposition au Maréchal Mobutu, le candidat de l’UDPS n’a que de faibles chances d’atteindre le deuxième tour de la présidentielle 2011. Deux formations politiques vont tenter de l’en empêcher, l’UNC de Vital Kamerhe et le MLC, dirigé par François Mwamba. Les ambitions de Kamerhe Vital Kamerhe est le premier candidat à l’élection présidentielle à s’être lancé dans la campagne 2011. Après une déclaration politique aussi fracassante que populiste, marquée par une absence de projet de société et centrée autour d’un « rêve » pour le Congo, Kamerhe s’est rendu dans son terroir kivutien où il bénéficie de la popularité acquise en 2006 grâce au candidat Joseph Kabila, avec lequel il avait alors sillonné le pays. Après avoir expliqué aux Congolais les raisons de choisir le projet social-démocrate présenté par Joseph Kabila en 2006, Kamerhe s’est rangé dans l’opposition, invoquant un déficit de leadership au sein de la majorité à laquelle il a appartenu et faisant état des souffrances des Congolais, invités à le suivre dans son « rêve ». La sortie politique de Kamerhe a eu pour principal effet de brouiller son image dans l’opinion congolaise et de le désigner comme l’homme à faire taire par l’opposition habituelle. En effet, les raisons présentées par Kamerhe pour justifier sa volte-face n’ont convaincu personne. Lorsqu’il affirmait dans sa déclaration politique du 14 décembre dernier avoir fait des propositions qui n’ont pas été écoutées par Joseph Kabila en raison de l’obstruction systématique d’un gouvernement parallèle, Kamerhe tenait un discours de conseiller, incompatible avec sa position d’ancien numéro deux du régime, disposant de tout l’appareil majoritaire pour mener à bien les réformes qu’il aurait voulu imprimer à la Troisième République. Un conseiller à la présidence aurait pu tenir ce genre de propos, mais certainement pas un ancien président de l’Assemblée nationale, qui avait les moyens, soutenu par l’ensemble de la majorité, de réformer la société congolaise conformément au programme social-démocrate défendu en 2006. Après avoir calculé la sortie politique de son parti pour étouffer à dessein la diffusion des résolutions du congrès de l’UDPS, Kamerhe veut se présenter aujourd’hui devant les Congolais comme le seul opposant compétitif face à Joseph Kabila. En briguant la magistrature suprême, Kamerhe sait qu’il n’a aucune chance d’emporter le scrutin présidentiel en 2011 mais va certainement choisir le moment venu entre deux scénarios. Sa première ambition de campagne consiste à arriver second du premier tour, pour négocier ensuite ses services comme Premier ministre pendant la durée de la prochaine législature. Une variante de la stratégie menée par le PALU en 2006. Si Kamerhe n’arrive pas en deuxième position derrière Joseph Kabila en 2011, force lui sera, en deuxième ambition, de négocier son retour au bercail majoritaire en reversant les éventuels députés de l’UNC dans le giron présidentiel, après avoir fait une démonstration de force au « gouvernement parallèle ». En effet, la défection de Kamerhe ne s’explique pas autrement que par un coup de sang contre ses anciens camarades Evariste Boshab et Augustin Katumba, secrétaire général du PPRD et ancien secrétaire exécutif de l’AMP, mais il n’ira probablement pas jusqu’à une inscription durable dans l’opposition à Joseph Kabila sur la période 2011-2016. Trop d’inconnues rendent une telle attitude hasardeuse pour son avenir politique. Pour parvenir à ses fins, la primature ou une participation massive au gouvernement en 2011, Kamerhe cherchera à affaiblir l’opposition habituelle. En effet, et parce qu’elle part avec le handicap de n’avoir aucun député national ou provincial (c’est le cas également de l’UDPS), l’UNC sera obligé de mener une campagne à tous les échelons contre les candidats de l’UDPS et alliés ainsi que du MLC et apparentés pour se faire une place au soleil dans l’espace politique congolais. Cette campagne sera très dure car la majorité défendra énergiquement ses bastions nationaux et provinciaux (11 provinces sur 11 sont actuellement contrôlées par l’AMP) et l’opposition habituelle cherchera à se maintenir (MLC), à conquérir des place-fortes (UDPS), ou à ne pas disparaître (RCD etc.). En définitive, Vital Kamerhe n’a aucun intérêt à voir l’opposition habituelle se renforcer. Le sort du MLC La campagne de 2011 sera celle de tous les dangers pour le MLC de Jean-Pierre Bemba. Ce parti sera emmené aux élections générales par son actuel secrétaire général François Mwamba. Si le MLC présente un Jean-Pierre Bemba incarcéré à La Haye comme candidat à l’élection présidentielle, la déroute sera certaine et cette formation politique deviendra un parti marginal sur l’échiquier congolais. Le MLC sera le parti qui aura le plus à craindre des prochains scrutins électoraux. D’abord, le résultat obtenu par Jean-Pierre Bemba et ses députés nationaux et provinciaux en 2006 tient pour beaucoup au report des voix de l’UDPS, après qu’Etienne Tshisekedi ait donné une consigne de non-enrôlement à ses partisans, dont beaucoup, désorientés et perplexes, ont choisi de soutenir le MLC de Jean-Pierre Bemba. Ensuite, le MLC doit avoir au moins pour objectif de maintenir son statut de premier parti de l’opposition parlementaire, ce qui sera extrêmement difficile compte tenu du retour naturel vers l’UDPS d’une bonne partie de son électorat de 2006. Enfin, les divisions internes et la pratique de l’exclusion ont affaibli ce parti au cours de la législature écoulée et plusieurs de ces membres (exclus ou marginalisés), déjà convaincus par l’action de Joseph Kabila, emmèneront leurs partisans vers celui-ci en 2011. En présence de l’UDPS et de l’UNC de Kamerhe, et en l’absence de Jean-Pierre Bemba, le résultat du MLC en 2011 devrait être divisé au mieux par trois. Et l’UDPS ? En 2011 l’UDPS jouera son va-tout. Etienne Tshisekedi, absent en 2006 parce qu’il n’a pas cru à la réalité du processus électoral soutenu par l’Union Européenne, a été plébiscité candidat de son parti en 2011. Sa responsabilité personnelle sera engagée en cas de défaite, avec le risque d’une dislocation complète de l’UDPS, déjà sérieusement ébranlée par les luttes intestines entre les courants Mutanda, Mukendi et Beltchika, qui se poursuivent en sourdine malgré l’appel au rassemblement lancé par Tshisekedi au congrès de l’UDPS. Opposant historique du Maréchal Mobutu, Tshisekedi avait mal négocié le tournant politique manifesté par l’arrivée de Laurent-Désiré Kabila en 2006, soutenu alors par la communauté internationale comme seule alternative pour le renversement du Maréchal Mobutu. Il appartient à Tsh
isekedi de comprendre qu’en 2010 le potentiel électoral de l’UDPS est de loin inférieur à son plus haut niveau de 1990. Tshisekedi s’est constitué une légitimité politique à travers son combat contre la dictature, il faudra à présent qu’il se fasse à l’idée que la Troisième République présidée par Joseph Kabila est une république démocratique, perçue comme telle par les Congolais et par la communauté internationale. Il lui faudra adapter sa rhétorique de campagne en conséquence. Le « rien ne marche » habituel ne sera pas suffisant face au Rapport du PNUD 2010, qui indique que la décennie 2001-2010 présidée par Joseph Kabila est caractérisée par un redressement spectaculaire des indicateurs du développement humain. Si Etienne Tshisekedi veut faire de l’UDPS un parti de gouvernement, le sortir d’une opposition trentenaire et jusqu’ici peu rentable, et lui assurer une pérennité dans le paysage politique congolais, il lui appartient de faire alliance avec Joseph Kabila dans le cadre d’une union des gauches progressistes et de confronter le projet de l’UDPS à celui du PPRD, sans acception de personnes. Il faudra que Tshisekedi se transcende pour ouvrir un dialogue avec Joseph Kabila, sans suivre certains de ses conseillers qui persistent à voir en ce dernier et dans le parti qu’il a initié une continuation politique de Laurent-Désiré Kabila ou de l’AFDL. L’UDPS a en effet tout à gagner en s’alliant objectivement à Joseph Kabila. Il est certain que Tshisekedi n’a pas intérêt à faire le lit de la droite d’ancien régime constituée par les néo-mobutistes du MLC, ni de concourir au développement de la dissidence de Kamerhe, qui pourrait être de courte durée. Rien ne prouve à l’heure actuelle que ce dernier est réellement prêt à faire l’apprentissage de l’opposition après avoir connu le pouvoir et les honneurs. Etienne Tshisekedi et ses stratèges du célèbre « Bureau d’études » de l’UDPS doivent désormais évaluer le rapport des forces en présence sans se rendre eux-mêmes victimes du biais d’auto-complaisance (on s’attribue les cause des réussites et on attribue ses échecs aux autres) ni reproduire à l’infini la stratégie du blocage, qui avait certes réussi à contrarier la mouvance présidentielle durant la Deuxième République, mais qui fera rire tout le monde dans un environnement démocratique. Les stratèges de l’UDPS auront le choix entre une alliance avec le MLC (qui, à tout perdre, ne nouera des alliances électorales qu’avec la certitude de rester la première formation de l’opposition), une alliance avec l’UNC de Kamerhe (qui n’a que faire d’une montée en puissance de l’UDPS qui gênerait ses ambitions personnelles) et une entente cordiale avec Joseph Kabila, avec la certitude de participer au gouvernement en 2011. La seule considération qui devrait guider l’UDPS dans son choix d’alliance électorale serait de considérer que Joseph Kabila, outre ses 42 % obtenus au premier tour en 2006, bénéficiera toujours en 2011 des voix du PALU, qui n’alignera pas de candidat à la présidentielle, et de l’UDEMO, qui ne devrait pas se fourvoyer dans une alliance sans objet avec le MLC après avoir gouverné pendant cinq ans en partenariat avec l’AMP. En réalité, Joseph Kabila et ses partenaires actuels sont objectivement majoritaires à 11 mois des élections et l’opposition ne fera pas le poids, à cause, précisément de l’irruption d’un facteur de discorde en son sein, l’UNC de Kamerhe, phénomène qui se double de l’évidence de projets de société incompatibles. Léon Olivier Engulu (Philosophe, AMP)

La Pros.

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3 Commentaires

Publié par le 29 décembre 2010 dans Uncategorized

 

3 réponses à “JOSEPH KABILA – ETIENNE TSHISEKEDI : UNE ENTENTE POSSIBLE ?

  1. Kapungi Kabamba Jacques

    29 décembre 2010 at 5:56

    M.Léon Olivier Engulu et toi aussi tu viens de compléter la liste de ceux qui font des analyses biaisées sur la place publique?vraiment ça ne t’honore nullement, je ne sais pas si c’est toi qui a fréquenté l’Institut Marcellin Champagnat, si c’est toi, je t’informe que tu ne défends pas l’image des Anciens des Frères Maristes, pas plus tard qu’hier sur « Kongotimes », tu présentais une analyse erronée sur le rapport du PNUD relatif à la comparaison du développement humain en RDC entre la période de 1970 à 2001 et celle de 2001 à 2010.
    Et aujourd’hui, tu reviens avec une fausse analyse, c’est quoi qui vous prends tous comme ça?vous ne lisez pas les signes du temps?je vous plains tous,c’est vraiment pitoyable, mais je vous rappelle que si c’est un moyen pour vous de soutirer des miettes d’argents des poches des dirigeants actuels en RDC qui ne prennent pas le temps d’analyser vos articles, retenez-le bien qu’un jour vous leur rendrez des comptes le jour où ils se mettront à suivre de prêt les contenus de vos articles et il vous sera trop tard pour vous justifier.
    Apprenez à présenter de bonnes analyses assorties des propositions des solutions comme le fait par exemple le journal « Potentiel »

     
  2. Kapungi Kabamba Jacques

    29 décembre 2010 at 5:58

    M.Léo Olivier Engulu, peux-tu nous expliquer Comment et pourquoi tu te bases sur les rapports des Agences Internationales de développement pour faire des éloges d’un décideur politique sinon d’un régime politique?Une attitude que l’on observe qu’en RDC, où certaines personnes croient que le peuple Congolais est naïf.
    Ces agences qui sont réputées pour leur neutralité semblent devenir l’objet d’instrumentalisation politique en RDC de la part des acteurs politique au pouvoir en RDC, et ce au profit du pouvoir en place, je cite explicitement le PNUD, et le FMI.
    Quand au PNUD (Programme des Nations unies pour le Développement), je puis encore comprendre que l’intellectuel congolais exploite mal le contenu de son rapport basé sur le développement humain et non sur le développement de la RDC, qui est un concept qui cache plusieurs aspects (politique,économique,social et culturel) qu’il faut commenter moyennant les indices de développement en général tels que le terme d’échange qui traduit le taux résultant du quotient des produits exportés et des produits importés, la production industrielle et agricole, la création des biens et services, le pouvoir d’achat de la population, le taux d’inflation qui définit la valeur de la monnaie, l’accès à l’eau potable, à l’électricité, au logement, à l’éducation, au soins de santé , le taux de mortalité à la naissance, et le taux de mortalité en général, le taux de morbidité, le taux de délinquance juvénile, l’espérance de vie de la population congolaise, l’accès à l’information et à la nouvelle technologie, le niveau de la démocratie,le taux d’assassinats dus à l’intolérance politique, la bonne gouvernance sur tous les plans, la transparence dans la gestion de la chose publique, le respect du principe de l’alternance au pouvoir, le niveau du SMIG(salaire moyen interprofessionnel général) et du SMIC (salaire moyen interprofessionnel de croissance), le respect des principes budgétaires…d’un coté, l’analyse succincte de ces indices en rapport avec le décanat de M.Joseph kabila nous conduira à conclure que la RDC est loin d’être compté parmi les pays en voie de développement, moins encore parmi les pays émergeants comme le Rwanda qui figure actuellement sur la liste des pays émergeants et à économie dynamique.
    Tandis que de l’autre coté,en procédant à l’analyse des indices de développement humain, il y a lieu d’épouser le rapport de PNUD par rapport à la période fixée dans l’exposé ci-dessus, j’insiste bien qu’il faut tenir compte du concept développement « humain »(qui prend en compte entre autres, le taux d’alphabétisation , de scolarité, la pression démographique,l’accès à l’alimentation et aux soins de santé de base…) en établissant une comparaison entre la période de 1970 à 2001 et celle de 2001 à 2010).
    Le rapport établi bien sûr une comparaison, il ne fait pas le rapport du développement humain de 2001 à 2010 qui est catastrophique pour un pays qui se fait déloges de ces 50 ans d’âges.

    Pour ce qui est du FMI (Fonds Monétaire International), la même catégorie des politiciens congolais et de l’élite intellectuelle congolaise pense que le fait que la RDC venait d’atteindre le point d’achèvement dans le cadre des Pays Pauvres très endettés et d’obtenir de ses bailleurs de fonds ainsi que des institutions de Breton Wood l’annulation d’une grande partie de sa dette extérieure est à mettre dans l’actif de M.Joseph kabila , et pourtant une action à placer dans l’actif du peuple congolais qui a enduré en acceptant de contribuer avec ses modiques revenus, à l’épuration d’une dette extérieure qui ne lui avait pas été profitable, une dette contractée en son nom sans qu’il n’en jouisse.

     
  3. Kapungi Kabamba Jacques

    30 décembre 2010 at 11:31

    Je vous remercie beaucoup M.Léon Olivier Engulu pour le contenu que je qualifie de fondé de votre réponse à ma réaction, et vous demande premièrement de m’excuser pour le ton que j’ai utilisé pour m’exprimer et vous remercie encore pour le ton que vous avez à votre usé pour me répondre.
    Je réalise réellement que la démocratie s’installe progressivement en RDC et vous prie de bien vouloir souffrir d’admettre mes critiques dans ses formes, cette attitude de ma part pourrait être due aux raisons qui me sont vraiment personnelles et que je ne saurais vous expliquer à cette circonstance.
    Je parie que de par la teneur de votre réplique,vous pourriez être à même d’apporter un plus au sein de l’AMP au cas où il vous serait confié un poste de responsabilité dans cette structure politique.
    Je n’ai pas récusé l’analyse du PNUD sur l’affirmation du redressement de la tendance du développement humain en RDC dans l’intervalle du temps allant de 2001 à 2010, et je l’admets comparativement à la période choisie, celle présentant la tendance mondiale du développement humain de 1997 à 2010, mais j’ai finalement ajouté que ce rapport pris dans l’intervalle du temps allant de 2001 à 2010 une fois soumis à la comparaison avec la tendance mondiale du développement humain dans la fourchette du temps allant de 2001 à 2010,serait insignifiant.
    Je l’avais soutenu en ces termes,ce rapport considéré pour la durée du temps touchant de 2001 à 2010 reste catastrophique s’il faut exclure l’hypothèse de la comparaison avec la période de 1970 à 2010.
    Je suis bien d’accord que le revenu national par habitant a triplé mais la question que nous devons nous poser ,en dépit du coût du conflit qui serait imposé ou entretenu volontairement à l’Est en RDC, et du poids de la dette, je disais, la question à se poser est de savoir ce que le pouvoir en place a adopté comme politique de la répartition équitable de ce revenu national qui a triplé, tout en tenant compte des facteurs perturbateurs précités à savoir,le coût du conflit et le poids de la guerre, d’autant moins l’effort fourni par le pouvoir en place durant toute une décennie pour l’amélioration des écarts des salaires et le SMIG qui est de loin inférieur à celui qui aurait été fixé dans un pays qui vient de réaliser les performances dans le développement humain.

     

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